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L'Œuvre de l'art, tome 1 : Immanence et trancendance

By Gérard Genette

Les œuvres d’art revêtent deux modes d’existence, qui sont l’immanence et l. a. transcendance. L’immanence est définie par le variety d’objet en lequel l’œuvre « consiste », et se distribue ainsi en deux régimes, baptisés depuis Nelson Goodman l’autobiographique et l’allographique. Dans le most efficient, l’objet d’immanence (un tableau, une sculpture, une functionality) est matériel et se manifeste de lui-même. Dans le moment, cet objet (un texte littéraire, une composition musicale, le plan d’un édifice) est idéal, conçu par réduction à partir de ses manifestations physiques : livres, walls, exécutions. l. a. transcendance est définie par les diverses manières dont une œuvre déborde son immanence : lorsqu’elle consiste en plusieurs objets non identiques (œuvres à « types »), lorsqu’elle se manifeste de manière lacunaire (fragments) ou indirecte (copies, reproductions, descriptions) ou lorsqu’elle agit diversement selon les lieux, les époques, les individus, les circonstances : on ne regarde jamais deux fois le même tableau, on ne lit jamais deux fois le même livre. L’œuvre ne se réduit donc pas à son objet d’immanence, parce que son être est inséparable de son motion. L’œuvre d’art est toujours déjà l’œuvre de l’art.

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Pour le dire d’une manière plus synthétique (quoique tautologique) : une manifestation ne peut manifester qu’une immanence. Inconvertibilités Encore une fois, l’œuvre allographique présente ce paradoxe (et cet inconvénient pratique) qu’elle n’est purement elle-même que dans l’objet idéal où elle immane, mais que cet objet, parce que idéal, est physiquement imperceptible, et qu’il n’existe, même pour l’esprit, que comme un element de fuite qu’on peut définir (par exemple : � Ce qu’il y a de commun entre une partition et une exécution de l. a. symphonie Jupiter44 »), mais non contempler. Il en va de même, bien sûr, de toutes les idéalités, et en particulier des abstractions, mais cette state of affairs est plus fâcheuse pour les idéalités artistiques, dont los angeles fonction cardinale est d’ordre esthétique, et donc en principe et de quelque manière (que nous retrouverons) � sensible ». Cette fonction, l’œuvre allographique ne peut l’exercer qu’à travers ses manifestations, et constamment mêlée à d’autres fonctions que tel mode de manifestation exerce mieux que tel autre, voire est seul à pouvoir exercer. Nous allons retrouver plus loin cette query pour elle-même, mais il faut au moins observer que los angeles plupart des œuvres, en tous régimes, ont des fonctions pratiques (non esthétiques) qui ne s’exercent qu’à travers leur exécution : même si ces (dé) notations suffisent à définir un accomplissement artistique, on n’habite pas un plan d’architecte, on ne se vêt guère d’un purchaser, on se nourrit mal d’une recette. Or, comme le montre bien l’exemple de l’architecture, il n’est pas toujours aisé ni pertinent de séparer los angeles fonction esthétique de l. a. fonction pratique : los angeles première résulte souvent d’un heureux accomplissement de los angeles seconde. los angeles littérature présente sans doute un cas extrême, non certes d’absence de fonction pratique, mais plutôt d’égale flair à los angeles remplir sous ses deux modes de manifestation. Justement parce qu’ils sont de langage, les � actes de langage » passent à peu près indifféremment par les deux canaux : pour un honnête homme, une promesse orale vaut un contrat signé. Encore certaines fonctions de persuasion, par exemple, bénéficient-elles de l. a. présence et de l’« action » d’un orateur. Comme disait admirativement Eschine à propos de son adversaire Démosthène : � Il faut voir l. a. bête. » L’absence de fonction pratique est mieux illustrée par l. a. musique, mais non absolument : c’est l. a. fanfare qui anime l. a. troupe, et l’on ne danse pas sur une partition. En revanche, et comme son nom l’indique, l. a. (dé) notation est presque toujours plus appropriée à l’analyse et à l’approfondissement cognitif de l’œuvre : pour qui sait � lire », aucune audition ne peut valoir de ce aspect de vue l’étude d’une partition ou (malgré le � gueuloir » de Flaubert, qui s’y fia peut-être un peu trop, ou manqua parfois d’oreille) d’une web page écrite. l. a. réserve est de taille, et nous rappelle que ces partages de tâches ne dépendent pas seulement des kinds d’œuvres, mais aussi de los angeles compétence, voire des aptitudes sensorielles des récepteurs : une partition ordinaire ne sera d’aucun secours à un aveugle, ni un disque à un sourd.

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